Peut-on facturer sa propre sas quand on est auto-entrepreneur ?

Un homme qui facture sa propre sas auto-entrepreneur

La question revient fréquemment chez les entrepreneurs qui cumulent plusieurs statuts : est-il possible de facturer sa propre SAS en tant qu’auto-entrepreneur ? La réponse est oui, mais sous certaines conditions strictes que l’administration fiscale surveille de près. Cette pratique, bien qu’autorisée, nécessite de respecter un cadre légal précis pour éviter tout risque de requalification ou de redressement.

Que dit la loi sur le fait de facturer sa propre SAS auto-entrepreneur ?

Le cumul des statuts d’auto-entrepreneur et de dirigeant de SAS n’est pas interdit en France. Vous pouvez parfaitement être président ou directeur général d’une SAS tout en exerçant une activité complémentaire sous le régime micro-entrepreneur. L’administration fiscale tolère même que ces deux entités commercent entre elles, à condition que les prestations soient réelles et justifiées.

Une personne qui fait une facture

La URSSAF et les services fiscaux examinent toutefois ces situations avec attention. Ils vérifient que les factures correspondent à de véritables prestations et que le montage n’a pas pour seul objectif d’optimiser artificiellement sa fiscalité. Le risque principal reste la requalification de la relation commerciale en lien de subordination, ce qui transformerait vos honoraires en salaires déguisés.

Les conditions à respecter pour facturer sa SAS en auto-entrepreneur

Plusieurs critères doivent être réunis pour sécuriser cette pratique. D’abord, l’activité exercée en auto-entrepreneur doit être différente de celle de votre SAS. Par exemple, si votre société opère dans le développement web, votre micro-entreprise pourrait proposer du consulting en stratégie digitale ou de la formation. Ensuite, vous devez démontrer votre autonomie dans l’exécution des prestations. Concrètement, cela signifie que vous organisez librement votre temps de travail, utilisez vos propres outils et méthodes, et assumez un risque économique. Vous ne pouvez pas être en situation de subordination vis-à-vis de votre SAS, même si vous en êtes le dirigeant.

Les tarifs pratiqués doivent correspondre aux prix du marché. Facturer 150 euros de l’heure quand le tarif habituel pour votre prestation tourne autour de 60 euros attirera forcément l’attention. De même, des volumes de facturation disproportionnés entre votre SAS et votre auto-entreprise peuvent poser problème.

Les avantages et limites de ce montage juridique

Cette configuration présente des intérêts certains. Elle permet de bénéficier des plafonds de chiffre d’affaires de l’auto-entreprise (77 700 euros pour les prestations de services) tout en développant une activité complémentaire via la SAS. Le régime micro-entrepreneur offre aussi une simplicité administrative appréciable pour des missions ponctuelles.

Sur le plan fiscal, vous profitez du versement libératoire de l‘impôt sur le revenu si vous y êtes éligible, tandis que la SAS peut opter pour l’impôt sur les sociétés. Cette double structure permet une certaine souplesse dans la gestion des revenus et de la trésorerie. Les limites existent néanmoins. Le plafond de chiffre d’affaires de l’auto-entreprise peut rapidement devenir contraignant. De plus, les cotisations sociales de l’auto-entrepreneur s’ajoutent à celles que vous payez déjà en tant que dirigeant assimilé salarié de la SAS. Le cumul peut alourdir significativement vos charges globales.

Comment sécuriser la facturation entre vos deux structures ?

La rédaction de contrats de prestation constitue la première protection. Chaque mission facturée par votre auto-entreprise à votre SAS devrait faire l’objet d’un bon de commande ou d’un contrat précisant la nature de la prestation, les délais, les livrables attendus et la rémunération. Cette formalisation prouve le caractère commercial de la relation.

Conservez tous les justificatifs de vos prestations. Si vous facturez du conseil :

  • gardez les comptes-rendus de réunion,
  • les recommandations formulées,
  • les livrables produits.

Pour de la formation, conservez les feuilles d’émargement et les supports pédagogiques créés. Cette documentation sera précieuse en cas de contrôle. Variez vos clients en auto-entrepreneur. Si votre SAS représente 100 % de votre chiffre d’affaires micro-entrepreneur, l’administration y verra probablement un salariat déguisé. Avoir d’autres clients, même pour des montants modestes, renforce la crédibilité de votre activité indépendante.

Les risques en cas de contrôle fiscal ou URSSAF

Le principal danger reste la requalification en contrat de travail. Si l’URSSAF considère que vous êtes en réalité salarié de votre propre SAS, elle réclamera les cotisations sociales correspondantes, majorées de pénalités de retard. Les montants peuvent rapidement atteindre plusieurs dizaines de milliers d’euros.

L’administration fiscale peut aussi remettre en cause la déductibilité des charges pour la SAS. Les honoraires versés à votre auto-entreprise seraient alors réintégrés dans les bénéfices imposables de la société, entraînant un rappel d’impôt sur les sociétés. Dans les cas les plus graves, l’inspection du travail pourrait qualifier le montage de travail dissimulé, ce qui constitue un délit pénal. Les sanctions incluent alors des amendes importantes et potentiellement des peines d’emprisonnement, bien que ces dernières restent rares en pratique.

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